ponte
Ponte
spirographe
Spirographe

aiptasie
Aiptasie


Padine queue de paon

serran écriture
Serran écriture

Sortie 1ères bulles à Golfe-Juan 29-31 mai 2009

L’envie de "grand bleu", de nager dans l’aquarium, en pousse plus d’un à franchir la porte des clubs dispensant des cours de plongée. Se lancer dans un voyage au long cours d’une année au fond d’une piscine municipale permet d’obtenir dans un premier temps le fameux niveau 1, donnant l’autorisation de franchir le cap maximum des 6 mètres d’un baptême de plongée et de flirter avec les 20 mètres. A première vue, rien de bien engageant, la probabilité de croiser un banc de sardines à la Butte aux cailles étant plus que limitée. Pourtant…

Pourtant, c’est bien là que l’on apprend les bases de la plongée : savoir attacher sa stab à la bouteille sans l’aide du moniteur de plongée ( présentée ainsi, cela paraît évident, mais certaines attaches sont de véritable casse-tête ) ; apprendre le saut droit (ce pas en avant si élégant que l’on a vu faire par les plongeurs de l’équipe Cousteau) avec stab, bouteille et palmes, bien sûr ; découvrir les joies du vidage de masque au fond du bassin, l’enlever et le remettre sans paniquer, ni remonter en flèche vers la surface; maîtriser les subtilités du poumon ballast qui vous permettent de planer au-dessus des coraux et de jouer avec les poissons clowns ; porter secours à un membre de la palanquée  ( lui mettre en bouche l’octopus – le détendeur de secours - en cas de panne d’air, rapidement et non 10 minutes après ! ) ; connaître le langage des signes qui permettent de papoter sous l’eau ; et évidemment les règles élémentaires de sécurité inhérentes à ce sport ( remonter tout doucement, histoire que l’azote accumulé au cours de la plongée ne se ballade pas sous forme de bulles dans vos vaisseaux sanguins entraînant des dommages corporels pouvant être irrémédiables ; respecter les paliers etc… ). De plus, la plongée attire des personnes d’horizons divers, sympas, amoureux des océans, respectueux de l’environnement marin ( en tout cas à GPA 13, personne n’est du genre à balancer sa bouteille de vin dans les flots ! ), bons vivants, avec qui l’on peut partager des sorties en mer selon les affinités entre individus et les intérêts pour telle ou telle destination.

Après l’obtention du niveau 1 validant vos connaissances, vient la sortie en mer et la confrontation avec l’immensité pélagique.

Pour nous, petit groupe de niveau 1, ce fut à Golfe Juan, où Luce a ses quartiers d’été. Embarquement à 8 heures 30 sur le chalut « Le souvenez-vous » de Claude Quas, aménagé pour recevoir plongeurs et matériels de plongée. Le départ est à 9 heures, mais cette demi-heure de battement permet de récupérer pour les novices, combinaison, stab, bouteille et de s’équiper. Enfiler la combinaison peut être un sport à part entière lorsque vous n’avez pas l’habitude, d’autant plus si vous avez eu la bonne idée de ne pas le faire au port et donc de lutter contre le tangage ou le roulis du bateau selon la formation de la mer. Les habitués sautent à l'eau en premier ( de l’intérêt d’avoir dépassé ses peurs du vide, certains bâteaux permettant peu de mises à l'eau différentes ) et descendent le long de la chaîne de l’ancre, Claude ayant briefé les guides de palanquées sur le site.

La descente se fait au rythme de chacun, en prenant soin de recompresser régulièrement les oreilles. Olivier adopte la descente grand bleu avec Arnaud, impatient de découvrir les fonds. La magie opère déjà à quelques mètres. Les rayons du soleil tracent des rais de lumières sous l’eau au travers desquels un nuage de castagnolles exécute son ballet marin. Quelques coups de palme et nous abordons à 15 mètres un plateau recouvert de flore. L’exploration commence. Apparaissent des étoiles de mer rouge-orangées, des limaces dalmatien à la blancheur nacrée et aux tâches chocolat qui enchantent toujours Luce. Au fond d’un petit tombant se dresse une grande nacre entrouverte qui se referme lorsque Arnaud s’approche d’elle. Tout près, un poulpe s’est lové au creux de la roche. Sans bouger, il nous observe. Arnaud tente bien de jouer avec lui pour qu’il sorte, mais récalcitrant à ces jeux de mains, il attend patiemment que les intrus s’éloignent.

Olivier et Caroline aperçoivent la gueule patibulaire d’une murène sortant d’un rocher. Une autre ondoie au fil du courant. Bien plus loin, apparaissent mérous et barracudas. Caroline s’improvise acrobate des mers et exécute des doubles saltos sous l’œil amusé d’Olivier. Luce a confié sa lampe à Dani. Sous le faisceau de lumière blanche, les couleurs chatoient et Dani en oublie son mal de mer. Elle explore la paroi du tombant et s’émerveille des spirales de dentelles d'une ponte. Un peu plus loin se balance au fil du courant les tentacules d’un vert très pâle souligné de traits blancs presque phosphorescents d’un spirographe telles des pétales au gré du vent.

Sur un plateau, Luce écarte délicatement les algues pour mettre à jour un bouquet de petites « fleurs » blanches délicates semblant à peine écloses. Un poisson rouge vif s’échappe des herbes. Accrochée à la roche, se tend vers le plongeur une grappe de cônes gracieux à la transparence irisée (Aiptasie). La lumière joue avec leurs motifs donnant l’illusion d’une guirlande électrique animée. A quelques mètres, majestueuse, d’une beauté presque irréelle se trouve une padine aux corolles d’une finesse cristalline. Subjuguée par cette magnolia des mers, Luce reste en apesanteur, doucement bercée par les flots. Elle se montre indifférente aux approches d’un serran écriture exhibant ses zébrures et sa queue jaune jonquille pour tenter de la séduire.

Il est temps de remonter. Nous observons les toutes petites bulles s’échappant de nos détendeurs et adoptons leur lente et tranquille vitesse de montée. Elles grossissent de plus en plus à l’approche de la surface offrant ainsi une dernière féerie. Le pallier à 3 mètres peut se révéler acrobatique si le courant est important. Tenant fermement la chaîne de l’ancre, ballotée par les vagues sous marine, Fabienne se retrouve involontairement à faire un poirier qu’elle ne maîtrise pas vraiment !

Après avoir déposé le matériel de plongée sur le pont, Caroline, Dani et Fabienne piquent une tête dans l’eau et exécutent quelques brasses, saluant les plongeurs qui par groupe émergent petit à petit. Cédric apparaît radieux d’avoir fait un baptême de plongée en pleine mer. A la rentrée il passera son niveau 1, déterminé à descendre plus bas au-dessous de 6 mètres.

La plongée ça creuse ! Le rituel du partage de douceurs sur le bateau lorsque toutes les palanquées sont remontées est un moment incontournable. Pissaladières et pizzas faites maison, gâteau au chocolat, cakes et petits gâteaux arrosés de cidre ou de rosé selon l’humeur passent de main en main. Rien de tel pour vous requinquer et renforcer les liens ébauchés par les récits des plongées et de la faune rencontrée.

Arrivé au port en fin d’après-midi, tout le monde rince son matériel à l’eau douce et chacun se sépare. Le retour à l’appartement est marqué par le défilé à la douche et la préparation de l’apéro, dégusté sur la terrasse. On remplit nos carnets de plongée, une moussaka gargantuesque cuit dans le four, et nous nous retrouvons autour de la table. Le week-end passe vite, trop vite. Nous quittons les palmiers, la belle bleue et le soleil pour retrouver Paris, des souvenirs plein la tête et l’envie de partager à nouveau dans un avenir pas trop lointain ces moments de plaisirs et de convivialité.

Texte de Fabienne
Photographies : Arnaud et Luce.

Organisation

GO : Luce
Assistants : Arnaud, Caroline.
Baptême : Cédric.
Premières bulles : Dani, Fabienne, Olivier.
Plongeurs : 7.
Subvention du club : 0 €.