Compte rendu de la sortie à Saint Malo du 24 au 26 octobre 2011

Notre sortie de rentrée GPA13.

Treize heureux participants, candidats à la plongée en eau fraîche, voire… très fraîche ! : Chantal, Christelle, Duna, Fabienne, Sarah, Sylvie, Arnaud, Christophe, Serge, Vincent et Yves. Luce nous accompagnait.
Et tout ce petit monde sous la protection d’Alain, notre DP.

Notre GO Fabienne est sur place dès le jeudi matin. Attablée à la terrasse du café Chateaubriand près des remparts, sous le soleil, elle accueille les premiers arrivants. Café de bienvenue fort sympathique.

Après avoir repéré le centre de plongée et avoir fait un petit tour sur la plage du sillon dans la lumière dorée du crépuscule, Chantal, Yves et Fabienne retrouvent Christelle, Duna et Serge arrivés en début de soirée à Cancale, avec la ferme intention de déguster un plateau de fruits de mer. Les retrouvailles se font autour d’un apéro breton sur le port de la petite bourgade réputée pour ses huîtres. Cidre, bière bretonne estampillée d’un macareux sur la bouteille et sur le verre, nous savourons nos breuvages en contemplant le coucher du soleil. Les estomacs gargouillants sonnent l’heure de s’attabler autour de coquillages et de crustacés. Alain nous rejoint dans la soirée, heureux de déguster une douzaine d’huîtres après de longues heures de route.
De leur côté, Luce, Arnaud, Sylvie et Sarah roulent vers la Bretagne. Une photo de Chantal et de Fabienne autour d’un plateau de fruits de mer leur est envoyée, histoire de donner un avant-goût des saveurs bretonnes, ce qui provoquera ce commentaire dans l’habitacle : « méchantes !! ».

Réception de tout ce petit monde sous le coup d’une heure du matin à l’Auberge de Jeunesse du Centre Patrick Varangot, distribution des chambres et tout le monde au lit pour un repos mérité. L’accueil chaleureux en fait une adresse à retenir.

Vendredi :

Rendez-vous au Centre de Plongée Émeraude à huit heures trente.

Après les consignes de rigueur du centre pour ce court séjour, les palanquées sont formées et nous faisons route pour de bonnes bulles, sous un soleil de plomb et un ciel bleu, sur une mer calme… le bonheur. La fière cité malouine s’éloigne lentement dans le sillage de notre bateau et nous croisons un ferry hydrospeed reliant l’Angleterre à la France.

La plongée du matin se fera sur le RO21, un cargo hollandais échoué en février 1943 sur la roche de Courtis. Tout le monde est paré, saut droit et … première surprise, l’eau froide à 17° nous saisit. Un léger courant nous déporte immédiatement, les palanquées doivent descendre au bout. Deuxième surprise pour les novices de la plongée en Bretagne : l’eau !
Une multitude de particules minuscules et blanchâtres donne le sentiment qu’il neige sous l’eau. Corinne avait raconté qu’en descendant, leur observation la rendait totalement zen. Sensation partagée! Plonger à Saint Malo ou la découverte de la zénitude subaquatique à 20 lieux sous les mers !

Nous descendons donc à la queue leu leu à 20 mètres et nous cherchons dans ce qui s’apparente à de la presque purée de pois une épave. En attendant, Arnaud et sa palanquée croise le chemin d’un tourteau et Arnaud ne résiste pas à taquiner la bête qui, furieuse d’être dérangée, se dresse sur ses petites pattes arrière et tente d’attraper les doigts de l’enquiquineur de ses grosses pinces en faisant de petits bonds. Nous palmons et tout le monde se demande où se cache le navire et soudain, ouf ! Le voilà. Il n’en reste pas grand- chose mais suffisamment pour que l’exploration soit agréable : 2 mètres de visi ce n’est pas si mal dans la Manche. Des poissons peu colorés mais d’une taille tout à fait respectable se baladent sous le faisceau de nos lampes. La tête d’un énorme congre, lové dans une cheminée, est débusquée. Ses yeux noirs comme des billes nous fixent et sa bouille ronde fait oublier que ses quenottes peuvent être redoutables.

A midi, déjeuner rapide dans un restaurant de Saint Servan près du bord de mer. Moules frites au menu pour les fanatiques des produits de la mer qui se régalent. Fabienne gère l’heure des marées ; elles n’attendent pas. Christophe nous rejoint pendant le déjeuner.

La plongée de l’après-midi se fera sur le Feltar, un vapeur Anglais : la plus belle épave de la baie au Nord de l’île de Cézembre. Consignes de sécurité et plouf. Nous descendons à nouveau au bout et nous suivons la chaîne qui nous mène à l’épave. Elle apparaît, masse sombre fantomatique se détachant dans l’eau. La coque est restée presque intacte. Elle se dresse, haut mur de métal percé de hublots que les torches balayent à la recherche de lieus jaunes, de corynactices ou d’éponges encroûtantes. Nous visitons l’épave en palmant sur le pont. Des trous béants permettent de nous glisser dans les nombreuses cales et de croiser des vieilles. Nous sommes bénis : la visibilité est excellente, homards, seiches, langoustes nous saluent. Un congre s’est caché sous un amas de tôle. Les autres plongeurs en passant le long des fenêtres redonnent une vie partielle à l’épave. Au plafond, les bulles restent prisonnières et forment une surface lisse miroitante.

Retour sur le bateau où nous attendent du thé et du café brûlants et la surprise que Luce nous offre : un Kouign Aman dégoulinant de beurre et de sucre qui prend le goût salé de la mer lorsque l’on se lèche les doigts !!! Merci Luce.

Deuxième surprise, Yves nous annonce un apéritif original avant le dîner qui se prendra à l’Auberge. Compte tenu de l’heure tardive, l’apéritif se prendra finalement après le repas devenant un post-apéro !
Nous voici réunis sur la plage de Rochebonne sous les étoiles. Yves nous épate : dégustation d’un brie de Nangis odorant et moelleux à souhait accompagné d’un blanc, un Chablis et d’un rouge, un Epineuil. C’est une belle détente en bord de mer, après plongées, nos papilles sont en éveil bercées par le doux ressac des vagues. De là suit une discussion passionnée entre connaisseurs sur le chapitre des vins. Merci Yves !

Samedi :

La plongée du matin se fait sur le site Nouvelles Découvertes : A 20 mètres de profondeur, la visibilité est moyenne, mais les crustacés sont au rendez-vous. Nous déambulons autour d’un amas rocheux à l’affût des galathées, des crevettes et des étrilles cachées dans les failles de la roche. Dans les cavités se trouvent les tourteaux, mais aussi quelques araignées et les homards à la carapace bleuté. Sur le sable une roussette à la robe blanche parsemée de tâches brunes se repose. Ses yeux noirs effilés ne nous quittent pas. En remontant nous traversons une forêt de laminaires. Leurs longues branches se balancent avec élégance dans le courant marin. La vision est féerique, l’eau d’une tonalité verte et légèrement opaque concourre à donner une ambiance surnaturelle à ce site. Au palier, les palanquées le long du bout se balancent au rythme de la houle marine. Alain montre ses trésors trouvés dont l’éclat argenté attire l’attention: deux éléments de canne à pêches dont l’un est nacré et recouvert de coquillages minuscules.
Le déjeuner se compose de paniers-repas fournis par l’auberge. Nous nous encalminons face au port en débardeurs SVP, et nous profitons d’un court laps de temps pour faire une sieste au soleil.

L’après-midi nous nous rendons sur le site de Buharats d’une profondeur de 25 mètres, avec un fort courant et un rocher en pleine eau. Nous jouons la prudence : ne pas nous écarter du rocher selon les recommandations du chef de bord. Il est vrai qu’un moment d’inattention fait que nous glissons vers le large. De plus les eaux denses donnent l’impression d’être dans la brume, les plongeurs et leur phare apparaissant comme des ombres aux contours flous.
La plongée autour du caillou est très agréable, les dormeurs, les langoustes, les homards sont au rendez-vous et la palanquée d’Arnaud, Vincent et Christelle, ajoute au menu la découverte d’un Hyppocampe (non, non ils n’ont pas fumé d’algues, ni trop abusé du chouchen et de la bière locale ! La photo prise témoigne de la véracité de leurs dires). Cette journée étant marquée par la chance, la même palanquée aura droit aux déclinaisons de couleurs d’une sèche patibulaire qui ne voit pas d’un bon œil les prises de photos d’Arnaud, allongé pour la circonstance de tout son long sur une roche pour être stable. Attirées par les lampes, toutes les palanquées se retrouvent au-dessus de la sèche super star qui lassée d’être contemplée, s’éclipsera en trouvant refuge dans une anfractuosité.
Des laminaires surplombent le site et quelques-uns ne résistent pas à l’envie de planer au-dessus, bras et jambes écartés, portés par le courant dérivant.

Toutes les sorties se feront au parachute. Chantal pourtant plongeuse émérite et rompue au maniement du parachute s’emmêlera dans le fil, qu’elle aura néanmoins le réflexe de lâcher afin de ne pas être propulsée à la surface en quelques secondes.

Retour à l’Auberge, douche rapide, rendez-vous aux pieds des remparts. Notre GO nous a organisé un dîner au restaurant. Au menu : plateaux de fruits de mer, langoustes, homards etc, le tout accompagné de vins de qualité, choisis par notre sommelier en chef au goût irréprochable en la matière: Yves. Très bonne soirée.

Dimanche :

Bob nous propose une plongée rarement faite car elle dépend d’une excellente météo. Nous avons pris l’option : Catis, 28mètres, idéalement situé face au Cap Fréhel, ce qui ravit les amoureux de cette côte. Nous partons en Zodiac, et la longue balade se fait dans les embruns, nez au vent. La mer est calme et le temps rappelle celui du Sud.
La Bretagne contrairement à la Méditerranée a ses contraintes et il nous faut patienter une heure sur le Zod pour plonger à l’étale ! Nous sommes seuls au monde sur l’eau, les falaises du Cap se détachent à l’horizon. Un des plongeurs, Normand, se jette à l’eau pour se rafraîchir sous l’œil dubitatif des plus frileux.
L’explo est magique due entre autres à la visibilité impeccable et à l’ambiance très particulière. Nous descendons et sur le sable, une grande raie noire tachetée se prélasse. Un peu plus loin nous assistons émerveillés et ébahis, au ballet gracieux d’un immense ban de tacauds. Les lampes mettent en valeur leur couleur jaune et font étinceler les reflets dorés de leurs écailles. Majestueux, les poissons évoluent en rang serré, ils nous entourent, vont et viennent en une lente et sereine déambulation. L’envie est grande de prolonger ce moment de grâce et de bonheur intense et de rester là, sans bouger à les contempler. Mais nous repartons. Christophe qui a ajouté un donut à sa stab, élément ressemblant à des petites ailes rebondies et dodues, fait penser à un extra-terrestre échappé du film Abyss, les couleurs étincelantes en moins. La roche que les plongeurs du coin nomment l’immeuble à homards tient ses promesses. Chaque cavité abrite de grands homards noirs et bleus aux pinces énormes dont les dimensions n’ont rien à voir avec les jeunes que l’on trouve sur les étals des poissonniers. Leurs antennes frétillent à notre approche, les petits yeux blancs globuleux roulent dans leurs orbites et les pinces s’activent en signe de défense. Les tourteaux font de même. Les cavités laissent apparaître des têtes de congres qui nous fixent de leurs billes noires. Des fils de pêche et des hameçons se balancent accrochés aux protubérances de la roche et aux clavellines. Nous finissons dans une forêt de laminaires magnifique. On y resterait des heures. Christophe et Fabienne remontent les derniers. Ils dérivent en attendant le zodiac et la tête sous l’eau, ils observent plusieurs petites méduses aux couleurs parme ayant pour traîne leurs longs filaments transparents.
Au large de la cité corsaire, un essaim de voiles multicolores gonflées par la brise, régatent, dessinant un ravissant tableau marin d’un dimanche sur la côte d’Émeraude.

De retour au centre, nous remballons nos affaires. Luce nous offre ainsi qu’à l’équipe sympathique, souriante et attentive du centre bleu émeraude, du cidre, pendant que nous remplissons nos carnets de plongée. Déjeuner avant de partir au soleil et nous quittons la Bretagne pour Paris.

Merci merci à Fabienne pour cet excellent week-end et merci à Alain qui a su répondre par sa gentillesse aux vœux de tous et ce n’est pas le plus simple !

Texte de Chantal phagocyté par Fabienne !